Détruire Les Forêts Modifie La Météo Instantanément ?
Choses à Savoir
La déforestation ne se contente pas de transformer les paysages. Elle modifie aussi profondément le climat local, et parfois de manière irréversible. C’est ce que démontre une étude récente publiée dans Communications Earth & Environment, qui met en lumière les effets directs de la disparition des forêts sur les températures et les précipitations.
Pour comprendre, il faut s’intéresser à un mécanisme clé : l’évapotranspiration. Ce terme désigne l’ensemble des échanges d’eau entre les plantes et l’atmosphère. Concrètement, les arbres absorbent de l’eau par leurs racines et en rejettent une partie sous forme de vapeur via leurs feuilles. Cette humidité contribue ensuite à la formation des nuages et, in fine, des pluies. Lorsque les forêts disparaissent, ce cycle est perturbé. Moins de végétation signifie moins d’humidité dans l’air, donc moins de précipitations. Les chercheurs observent ainsi que dans les zones où le couvert forestier tombe sous les 60 %, les températures augmentent jusqu’à 3 degrés pendant la saison sèche. Dans le même temps, l’évapotranspiration recule de 12 % et les pluies diminuent de 25 %.
La situation s’aggrave encore lorsque la couverture forestière passe sous les 40 %. Dans ces régions, les températures peuvent grimper de 4 degrés supplémentaires par rapport aux zones intactes. Autre conséquence marquante : le nombre de jours de pluie diminue, avec en moyenne 11 jours de précipitations en moins chaque année. Ce phénomène enclenche un cercle vicieux. Moins de pluie fragilise les forêts restantes, qui peinent à se régénérer. Progressivement, l’écosystème bascule. Des zones initialement tropicales, humides et denses, évoluent vers un climat plus sec, proche de celui de la savane. Un changement profond, qui ne correspond plus aux conditions naturelles de ces régions.
Les chiffres sont parlants. Entre 1985 et 2024, la forêt amazonienne brésilienne a perdu environ 13 % de sa couverture végétale, soit 520 000 kilomètres carrés — une surface supérieure à celle de l’Espagne. Ces espaces ont été remplacés par des pâturages, des cultures agricoles ou des zones minières. Si le rythme de la déforestation a ralenti ces dernières années, il reste élevé. Et ses conséquences, elles, continuent de s’étendre bien au-delà des zones directement touchées.
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